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Editorial« La mobilisation paysanne et citoyenne est la meilleure réponse que nous pouvons apporter »
Ce début d'année est toujours aussi riche et dense en activités syndicales et en mobilisations. La DNC et le Mercosur* sont malheureusement les deux principaux sujets qui font l'actualité agricole. La Confédération paysanne reste mobilisée avec de nombreuses actions de blocage dans les territoires ou à Paris.
Sur la DNC, notre présence sur le terrain dès les premiers abattages en juillet et notre travail de fond sur le sujet nous ont permis d'être en phase avec le ressenti de nombreux éleveurs confrontés à cette politique sanitaire inhumaine et inefficace. Notre alliance de circonstance avec la CR sur ce sujet a aussi permis d'isoler la FNSEA* qui n'était pas ou peu présente sur les mobilisations et qui, bien sûr, défendait les positions prises par le gouvernement. Nous avons aussi découvert que les éleveurs de la FNSEA* n'étaient pas toujours en accord avec les positions prises à Paris. En Occitanie, certaines FDSEA* participaient aux mobilisations contre l'abattage total et, en Ariège, l'ensemble des syndicats signait une proposition de protocole sanitaire alternatif.
Dans un contexte de crise pour la viticulture et les grandes cultures, il a été assez facile pour la FNSEA* de se remettre dans le jeu en faisant sortir les tracteurs pour contester les accords du Mercosur*. Le dernier raout des 300 tracteurs dans Paris frôlait le ridicule tant il était organisé avec le gouvernement. Rien à voir avec la répression qu'ont subi les drapeaux jaunes lors des manifestations. Dans le même temps, bon nombre de blocages ont été évacués par la force, les tracteurs de la Confédération paysanne bloqués dans Paris et deux de nos porte-parole en garde à vue. La semaine suivante, le deux poids deux mesures a atteint son paroxysme quand, suite à une manifestation au ministère de l'Agriculture sans violence ni dégradation, 52 paysans.nes se sont retrouvés en garde à vue suite à une plainte de la ministre de l'agriculture.
Cette situation est d'autant plus révoltante et méprisante vis-à-vis de la confédération paysanne car non seulement le gouvernement ne nous a apporté aucune réponse vis-à-vis de nos revendications alors qu'il continue de dérouler le tapis à la FNSEA* en répondant favorablement à bon nombre de ses demandes. Il y a-t-il encore une ministre de l'agriculture ?
Comme en 2024 lors des colères agricoles le gouvernement profite de périodes de crise pour aller encore plus loin dans la promotion de l'agriculture productiviste qui est pourtant la cause des mobilisations. Alors que le modèle économique des Méga-bassines s'effondre, le premier ministre annonce le triplement des fonds du plan eau alors que le problème des nitrates est récurant dans beaucoup de régions. Il annonce un recul sur la directive nitrate, un moratoire sur l'ensemble des décisions des préfets sur la gestion de l'eau.
Après la loi Duplomp, nous allons avoir droit à une loi spéciale qui a pour objectif d'accélérer la dérégulation et l'industrialisation de l'agriculture tout en contournant le parlement.
Dans ce paysage plutôt sombre au moment ou j'écris ces lignes, nous venons d'apprendre une très bonne nouvelle, le parlement Européen, par un vote serré, vient de renvoyer devant la cour de justice européenne l'accord de libre échange UE*-mercosur,pour juger de sa légalité.
Sur cet accord rien n'est encore perdu, il n'est pas encore en application et cette nouvelle victoire est bien la preuve face a l'adversité que la mobilisation paysanne et citoyenne est la meilleur réponse que nous pouvons apporter.
Nicolas Fortin, secrétaire national
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