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CAMPAGNES SOLIDAIRES


Campagnes solidaires est le mensuel de la Confédération paysanne, engagé avec les paysans et les acteurs du mouvement social dans l'émergence d'autres mondes possibles.

C'est un point de ralliement pour ceux qui veulent comprendre les réalités de la vie et des luttes paysannes dans le monde et ici en Europe.

C'est aussi un espace pour ceux qui veulent s'exprimer sur ces réalités et la manière d'agir sur elles.

Informer, c'est contribuer au débat sur les sujets de société tels que les OGM, la sécurité alimentaire et la mondialisation...

Campagnes solidaires, notre, votre journal, tente chaque mois de restituer les résistances et les espoirs de ces luttes. Nous avons besoin de vous pour continuer ce combat.

Le numéro du mois

n° 426 - avril 2026
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Face à la répression et aux injustices, conquérir des droits


Les dossiers sont disponibles en téléchargement trois mois après parution [voir dans la rubrique ARCHIVES]

Ça fait bientôt trois ans que nous étions en manifestation à Sainte-Soline. Nous n'en sommes pas ressorti.es indemnes et nous sommes encore en attente d'un procès en appel pour faire toute la lumière sur la responsabilité des un.es et des autres, en particulier celle des forces de l'ordre.

À partir de ce moment très particulier, quelque chose a changé dans la doctrine de « maintien de l'ordre » mise en place par le ministère de l'Intérieur. Une logique de violences et de provocations policières est devenue quasi systématique à notre encontre, un peu à la manière de la gestion des manifestations des gilets jaunes. Le maintien de l'ordre face à l'exercice de notre droit à manifester se fait maintenant par la peur !

Depuis, les mouvements agricoles se sont multipliés avec des formes et revendications variées. Mais bizarrement, le traitement policier et judiciaire diffère selon que l'on remette en cause le système ou non. Dans un cas les « écoterroristes » sont gazé.es, nassé.es, tabassé.es, trainé.es devant les tribunaux et condamné.es. Dans un autre, les agriculteur.ices qui bloquent les autoroutes ou s'attaquent violemment aux services publics sont reconnu.es et soutenu.es dans l'expression de leur exaspération.

Comme si nous-mêmes n'étions pas agriculteur·ices car nous exprimons d'autres revendications, notamment écologiques. Il y a là aussi un traitement d'une extrême violence en nous cataloguant d'écolo tout en niant notre profession et les revendications qui vont avec. Nous sommes paysannes et paysans, et oui, en lien avec l'urgence sociale et de revenu paysan, nous osons réclamer des réponses à l'urgence écologique et climatique. Est-ce un crime qu'il faudrait punir ?

Comme le rappelle ce dossier, la Confédération paysanne a toujours utilisé l'action directe et la désobéissance civile pour faire connaitre et avancer ses luttes. Même si cela nous menait en justice, c'était assumé et parfois recherché, pour mieux faire résonner notre discours. Avec des victoires et des avancées juridiques ! Aujourd'hui, avec cette répression policière et cette criminalisation des mouvements sociaux et écologiques, la question se pose de comment agir sans se mettre en danger individuellement et collectivement. C'est sans aucun doute le but recherché du pouvoir en place, et c'est effroyablement inquiétant tant l'attaque à nos droits et notre liberté est manifeste.

Alors, tout comme nos avocat·es plaident la nécessité à agir en vertu de l'urgence climatique, lorsque notre droit est épuisé, nous devons réfléchir ensemble et continuer à exprimer notre légitimité à agir pour ouvrir d'autres perspectives.


Nicolas Girod, paysan dans le Jura

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